Communiqué du CE de l’Association française de Sociologie à propos du suicide de Marie Desbois

Communiqué du CE de l’Association française de Sociologie à propos du suicide de Marie Desbois

Le 31 mai dernier, une collègue sociologue non-titulaire, connue sous le pseudonyme de Marie Desbois, s’est donné la mort. Ce geste, explicitement lié à sa situation professionnelle, met au jour une réalité terrible qu’il convient toutefois de regarder en face : l’ESR, aujourd’hui, tue.

Les sociologues et leurs collectifs sont profondément affecté·es et bouleversé.es. L’AFS adresse ses plus sincères condoléances aux proches de Marie Desbois, ainsi que sa solidarité envers toutes les personnes qui souffrent des rapports de pouvoir, de la concurrence exacerbée et du manque de perspectives offertes aujourd’hui aux docteur·es et aux autres diplômé·es en sociologie, faute de moyens mais aussi de discriminations et d’injustices qui continuent de structurer nos milieux. 

Mais le monde des sociologues et leurs collectifs sont aussi en colère. L’histoire et la détresse de Marie Desbois nous touchent toutes et tous : docteur·es sans emploi ou en emploi précaire, doctorant·es, titulaires, enseignant·es chercheur·es ou personnel d’appui. L’AFS se tient aux côtés de la communauté universitaire pour faire preuve à la fois de détermination dans la lutte contre la dégradation des conditions de travail et d’emploi de ses membres, mais aussi de soutien et d’engagement concret envers celles et ceux qui la subissent le plus durement.

À l’occasion de cette année universitaire qui vient de commencer, mais aussi des luttes sociales et des coupes budgétaires dans la fonction publique et dans l’ESR qui viennent d’être annoncées, l’AFS appelle les sociologues à s’organiser et à s’investir dans l’action des différents collectifs qui luttent pour l’ouverture des postes statutaires pérennes, l’arrêt de la mise en concurrence permanente – hypocritement qualifiée d’ « excellence » -, le financement d’une recherche et d’un enseignement publics de qualité et le respect des conditions de travail de l’ensemble des métiers et des étudiant·es de l’ESR.  

Nous relayons à cette occasion les publications de l’ASES, du Collectif MobDétresseESR et du collectif Nous ne voulons plus mourir à l’université, qui avaient fait suite à la mort de Marie Desbois et auxquelles nous nous associons.













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