l’Année sociologique – AAA – La sociologie des religions : théorie versus données empiriques

l’Année sociologique – AAA – La sociologie des religions : théorie versus données empiriques

L’ Année
sociologique

Revue fondée par Émile Durkheim, publiée depuis 1898
TROISIÈME SÉRIE
Directeur de la publication : Pierre DEMEULENAERE
APPEL À CONTRIBUTIONS
Numéro thématique
La sociologie des religions :
théorie versus données empiriques
Coordination scientifique
Claude Dargent (université Paris VIII, CRESPPA)
Volume 71 / 2021 – numéro 2

Argument


La sociologie des religions est un domaine où circulent aujourd’hui un certain nombre de modèles d’interprétation, au demeurant plus ou moins compatibles. Le poids des approches théoriques dans ce secteur des sciences sociales est ancien et compréhensible : il tient pour partie aux liens entre la sociologie des religions et l’interrogation sur la modernité qui marque la discipline dès ses prémices (Hervieu-Léger et Willaime, 2001). On peut certes regretter que les grilles d’analyse qui parcourent aujourd’hui ce secteur des sciences sociales se révèlent souvent peu articulées entre elles quand elles ne s’avèrent pas franchement contradictoires. Mais, sans être satisfaisants, ces caractères ne sont pas propres à ce domaine de la connaissance.

Le fait que plusieurs de ces approches théoriques peinent à rendre compte des mutations religieuses actuelles est plus préoccupant. Dans le but de faire progresser l’analyse, ce projet de dossier pour L’Année sociologique souhaite accueillir des articles confrontant systématiquement un modèle
d’interprétation à des données empiriques.

Le rapport aux données est une question sensible en sociologie des religions, en tout cas dans le monde occidental. À la différence d’autres domaines, la sociologie des religions rencontre directement les intérêts d’une institution sociale, l’Église catholique. C’est au vu des enquêtes réalisées aux États-Unis dans l’entre-deux-guerres que les évêques américains ont incité des sociologues à chercher les causes du recul de la religion. En France, c’est au contraire la rareté des données disponibles qui a suscité un encouragement à leur production par des sociologues catholiques (Le Bras, 1955 [1931] ; Chenu, 2011).

Mais il en va de la sociologie des religions comme des autres domaines de la sociologie : l’utilisation par les instituions des données produites ne doit pas occulter leur intérêt proprement scientifique pour la mise à l’épreuve des modèles d’interprétation. La sociologie des religions l’a parfois oublié dans l’après-Seconde Guerre mondiale. On peut voir également dans cet oubli les conséquences du poids de la théologie pour cette sociologie : cette spécificité constitue une pression récurrente qui la pousse trop souvent à privilégier l’étude des textes et des dogmes au détriment des valeurs, normes, pratiques et comportements qu’on peut saisir dans les populations concernées.

Cet oubli de l’empirie entraîne en outre une difficulté à discerner les tendances qui s’ébauchent. Il en résulte des tête-à-queue théoriques impressionnants quand la clameur de la nouvelle réalité sociale dont on n’a pas su discerner les prémices devient trop évidente. Peter Berger est une belle illustration de ce processus : après avoir beaucoup contribué à imposer le constat d’un processus de sécularisation inéluctable dans The Sacred Canopy (Berger, 1967), il dirige au tournant du siècle un ouvrage sur la « désécularisation » du monde… (Berger, 1999).

Recherchant un développement plus équilibré de ce domaine de la sociologie, ce numéro de L’Année sociologique sera composé d’articles confrontant systématiquement un modèle d’interprétation emprunté à la sociologie des religions à des données empiriques. Ces données pourront être de nature quantitative ou qualitative.

Soumission des synopsis et calendrier
Les propositions d’une page – hors bibliographie – seront adressées d’ici le 30 mars 2020 à : claude.dargent@univ-paris8.fr. Les réponses parviendront sous quinzaine. S’agissant des propositions retenues, la première version des articles devra parvenir à la même adresse avant le 30 juillet 2020. Leur longueur ne devra pas dépasser 65 000 signes (espaces, bibliographie et figures compris). Chaque article sera ensuite évalué, de manière anonyme, par le comité de rédaction de L’Année sociologique. Nous invitons les auteurs intéressés à consulter la charte éditoriale de la revue (site des PUF).

La publication du numéro est prévue pour l’automne 2021.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

BERGER Peter L., 1967, The Sacred Canopy: Elements of a Sociological Theory of Religion, Garden City, Anchor Books.

BERGER Peter L. (dir.), 1999, The Desecularization of the World: Resurgent Religion and World Politics, Washington D.C./Grand Rapid, Ethics and Public Policy Center /W. B. Eerdmans.

CHENU Alain, 2011, « Les enquêteurs du dimanche. Revisiter les statistiques françaises de pratique du catholicisme (1930-1980) », Histoire & Mesure [En ligne : http://journals.openedition.org/histoiremesure/4261], vol. XXVI, n° 2, mis en ligne le 15 décembre 2011, consulté le 07 novembre 2019.

HERVIEU-LEGER Danièle, WILLAIME Jean-Paul, 2001, Sociologies et religion, vol. 1 : Approches classiques, Paris, PUF.

LE BRAS Gabriel, 1955, « Statistique et histoire religieuse. Pour un examen détaillé et pour une explication historique de l’état du catholicisme dans les diverses régions de France » [1931], Études de sociologie religieuse, t. 1 : Sociologie de la pratique religieuse dans les campagnes françaises,
Paris, PUF, p. 1-24.

Rédaction de L’Année sociologique
Delphine Renard
Maison de la Recherche – SUP
28 rue Serpente
75006 Paris (France)
delphine.renard@sorbonne-universite.fr

CORRESPONDANCE
Coordination scientifique du numéro
Claude Dargent
Université Paris VIII, CRESPPA-GTM et CEVIPOF
claude.dargent@univ-paris8.fr
http://www.puf.com http://www.cairn.info/revue-l-annee-sociologique.htm

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