Appel international pour soutenir Füsun Üstel, universitaire turque condamnée à la prison pour ses idées

Appel international pour soutenir Füsun Üstel, universitaire turque condamnée à la prison pour ses idées

Le CE de l’AFS se joint à l’appel international pour soutenir Füsun Üstel, qu’a lancé l’association Solidarité avec les universitaires pour la paix et défense des droits humains en Turquie (SUP-DDHT), dont nous reproduisons le texte indexé à la pétition et que nous vous invitons à signer. Que notre collègue universitaire turque soit condamnée à la prison pour ses idées est une atteinte grave à la liberté académique et au principe démocratique de la liberté d’expression.

Dans une démocratie, on ne peut pas aller en prison simplement pour avoir signé une pétition. En Turquie, c’est pourtant ce qui risque d’arriver bientôt à Füsun Üstel.

Cette professeure de science politique de l’université Galatasaray, aujourd’hui à la retraite, fait partie des 2212 universitaires qui ont signé la Pétition pour la paix de janvier 2016, pour protester contre la répression violente qui reprenait contre les civils kurdes. Or depuis trois ans, les procès engagés par l’État contre les signataires pour « propagande terroriste » se multiplient inexorablement : plus de la moitié ont déjà fait l’objet de poursuites.

Jusqu’à présent, on en connaissait d’avance le résultat : de nombreux universitaires ont été condamnés à la prison – mais avec sursis, donc à condition de s’abstenir de réitérer de pareils « crimes ». Pour sa part, Füsun Üstel a rejeté ce dispositif afin de ne pas légitimer ce verdict : en conséquence, elle a été condamnée en appel, le 25 Février 2019, à 15 mois de prison ferme.

Ce pourrait bien être le signe d’un nouveau durcissement de la répression : en décembre 2018, Gencay Gürsoy, professeur de médecine en retraite et militant des droits humains, vient d’être condamné à 27 mois de prison ferme. Depuis, les condamnations longues, jusqu’à 36 mois, se multiplient. Or au-delà de deux ans de sentence, l’option du sursis n’est plus admis. Bien entendu, toutes ces condamnation vont faire l’objet d’un appel. Mais l’évolution des jugements est inquiétante. Alors qu’hier, on pouvait être condamné à de la prison avec sursis pour avoir signé la Pétition pour la paix ; aujourd’hui, on s’expose à se retrouver derrière les barreaux.

Nous appelons le gouvernement et les institutions de Turquie à respecter les droits humains protégés par les conventions internationales qu’elle a elle-même ratifiées, à commencer par la liberté d’expression. Nous demandons aux instances françaises et européennes aussi bien qu’internationales de rappeler avec force aux autorités de Turquie l’importance de ce principe démocratique fondamental.

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