AAC conjoint RT 16 (sociologie clinique) et RT 38 (Sociologie de l’environnement et des risques)

AAC conjoint RT 16 (sociologie clinique) et RT 38 (Sociologie de l’environnement et des risques)

Ouvrir la boîte noire de l’éco-anxiété

Le terme « éco-anxiété » s’avère de plus en plus souvent repris par la presse et sur les réseaux sociaux comme la résultante directe et univoque d’une dégradation environnementale menaçant l’habitabilité de la planète, à commencer par le changement climatique et l’érosion de la biodiversité, lesquelles apparaissent aujourd’hui comme les urgences majeures du court terme. Ainsi, en constituant un ressenti avant tout individuel, tout en relevant de facteurs environnementaux externes par définition à l’individu, cette notion invite à se questionner quant aux interfaces entre la psyché et le socius, au regard des transformations délétères de l’écoumène.

Un deuxième niveau de questionnement concerne la distribution de l’angoisse au sein d’aires sociales, spatiales et culturelles selon des degrés d’intensité (ou de conscientisation) qui ne sont peut-être pas seulement en corrélation stricte avec le degré des menaces. On pourra ainsi se demander si un certain diffusionnisme (Le Bras, 2002) peut être pertinent pour étudier la répartition et la progression de cette éco-anxiété, s’interroger sur les groupes de discussion échangeant quant à ces réalités, les réseaux qui alertent, leurs ressources en matière d’influence enfin.

 

Aussi, cet AAC s’inscrit dans le croisement entre la sociologie clinique et la sociologie de l’environnement, et ce d’autant plus que l’écopsychologie (croisement entre l’écologie et la psychologie) fournit des approches qui laissent parfois la question sociale dans un angle mort.

De quelle pluralité causale l’éco-anxiété est-elle le nom pour le dire en un mot ? Nous posons l’hypothèse (à discuter), qu’elle ne peut être analysée dans les mêmes termes selon qu’elle affecte les iles du Pacifique menacées de submersion, le Groenland dont la pêche s’est trouvée diversifiée du fait même du réchauffement climatique ou encore les régions du monde auxquelles on promet de meilleures capacités d’adaptation (temporaires ?). Quelles sont les caractéristiques sociales, économiques, culturelles, générationnelles, résidentielles… des personnes qui expriment leur anxiété, comme de celles qui remettent en question son fondement ? Comment tirer parti de la notion, proposée en 1997 par l’enseignante-chercheuse canadienne et belge Véronique Lapaige, en la comparant avec celle de solastalgie : soit pour le philosophe de l’environnement Glenn Albrecht (2003) la nostalgie de ce qui a disparu ? Ici intervient un autre niveau du débat : la dimension projective de l’éco-anxiété, à laquelle on oppose le déni de la catastrophe en cours.

Ces controverses ont cours et pour y répondre l’individu anxieux nécessite d’être considéré sous les deux faces du Janus psychosocial.

 

Enfin, il nous interroge en tant que chercheur.e.s qui travaillons sur l’environnement, avec parfois la sensation d’une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, dont la vitesse de chute s’accélérerait, qui plus est. Quels impacts sur les temporalités de la recherche ? et donc ses productions ? Que dire encore du travail d’un travailleur scientifique éco-anxieux, c’est-à-dire aux prises avec une angoisse de finitude suractivée par ses recherches ?

 

Les propositions de communication (1 page, environ 3.500 caractères, hors bibliographie) sont attendues pour le 31 janvier, elles devront être déposées sur le site de l’AFS.

De plus, les propositions doivent être envoyées aux responsables du RT38 Sophie Némoz (sophie.nemoz@univ-fcomte.fr) et Christophe Baticle au bureau du RT16 (rt16@mail.com) en précisant bien la session dans laquelle s’insère la communication.

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