In memoriam

In memoriam

Les membres du CERLIS ont la profonde tristesse de faire part du décès de Dominique Pasquier, directrice de recherche émérite
C’est avec une très grande tristesse que nous vous annonçons le décès de notre ami et collègue Afrânio Garcia Junior,
Sociologue à l’Université de Lille, Lise Demailly nous a quitté·es en janvier dernier. L'AFS adresse toutes ses condoléances à ses
C’est avec grande tristesse que nous vous informons du décès de notre collègue Lucie Tanguy. Notre amie et collègue Lucie


 

In memoriam

Dominique Pasquier (1953-1925)

Les membres du CERLIS ont la profonde tristesse de faire part du décès de Dominique Pasquier, directrice de recherche émérite au CNRS, survenu le 8 avril 2025 à Paris. Née en 1952, Dominique Pasquier a profondément contribué à l’essor d’une sociologie de la culture simultanément attentive aux contextes et aux pratiques de réception, à leurs médiations techniques ainsi qu’aux logiques de différenciation sociale. L’ensemble de son œuvre se distingue notamment par une articulation constante entre exigence empirique, rigueur analytique et clarté d’écriture.

Ses recherches, largement reconnues, ont d’abord porté sur les professionnels puis les publics de la télévision, avant de s’élargir aux pratiques culturelles et à leurs sociabilités associées, et plus récemment aux pratiques numériques ordinaires. Elles ont profondément contribué à renouveler la sociologie de la culture et des médias tout en irriguant la sociologie et les sciences sociales bien au-delà de ces seuls domaines. Chacun de ces travaux se caractérise d’emblée par le choix d’objets d’étude originaux, qu’il s’agisse des scénaristes de séries télévisées (1995), des usages adolescents des feuilletons télévisés à travers le cas emblématique d’« Hélène et les garçons » (La culture des sentiments, 1999), puis de la « tyrannie de la majorité » dans les pratiques culturelles et médiatiques des jeunes (Cultures lycéennes, 2005).
Elle a ensuite approfondi ses analyses des processus de réception et d’appropriation en étudiant la critique cinéphile amateur sur internet (Moi je lui donne 5/5, 2014), puis à travers une enquête pionnière sur l’essor des pratiques numériques dans des milieux populaires ruraux en France (L’internet des familles modestes, 2018). C’est dans le prolongement de ces travaux qu’elle rejoint le CERLIS en 2019. Son engagement dans la recherche n’a jamais cessé, que ce soit à travers ses propres enquêtes de terrain et ses publications personnelles, ou à travers ses engagements collectifs, où elle se montrait généreuse de son temps et de ses idées. Elle était fortement impliquée dans la vie de la revue Réseaux depuis 1988. Et récemment elle avait initié et coordonnait un vaste projet collectif « Apprendre par la bande », consacré à l’étude de la conception et des usages des vidéos d’apprentissage, de tutoriels et de vulgarisation scientifique et culturelle. Autour de ce questionnement sur le renouvellement des formes d’apprentissage, elle avait réuni des chercheurs et chercheuses de divers statuts, spécialités et laboratoires : elle montrait un talent remarquable pour faire avancer, en douceur mais efficacement, ce collectif.

Les membres du CERLIS gardent le souvenir ému d’une collègue investie dans la vie du
laboratoire, dont la rigueur, la générosité et l’attention constante aux travaux de ses collègues, jeunes et moins jeunes, étaient inséparables de sa gaieté et de sa façon singulière de ne jamais se prendre trop au sérieux. Le CERLIS organisera une Journée d’hommage et adresse à sa famille, à ses proches et à ses nombreux·ses collaborateur·ices ses plus sincères condoléances.

Texte initialement publié sur le site du CERLIS: https://www.cerlis.eu/le-8-avril-2025-dominique-pasquier/



 

In memoriam

Afrânio Garcia Jr (1948-2024)

C’est avec une très grande tristesse que nous vous annonçons le décès de notre ami et collègue Afrânio Garcia Junior, survenu ce samedi 30 novembre. 

Anthropologue et économiste de formation, ayant fait une partie de ses études en France entre 1966 et 1968, Afrânio Garcia Junior a effectué la première partie de sa carrière à Rio de Janeiro, en particulier au Museu Nacional. Avec sa compagne, Marie-France Garcia, rencontrée à Nanterre, il a mené des recherches en études rurales et enseigné au Brésil pendant plusieurs années, circulant entre le Brésil et la France, où ils ont finalement poursuivi leur carrière universitaire, lui à l’EHESS et elle à l’INRA. Très lié à José Sergio Leite Lopes et à Moacir Palmeira, Afrânio Garcia a entretenu des relations précoces avec le Centre de sociologie européenne (CSE), qu’il rejoint pour un long séjour de recherche à partir de 1983, puis pour des séjours plus brefs. En 1986, il publie un premier article en français, issu de l’enquête qu’il menait dans les régions sucrières du Nordeste du Brésil, dans Actes de la recherche en sciences sociales, sous le titre « Libres et assujettis », titre qu’il conservera pour son livre paru en 1989 aux Éditions de la Maison des sciences de l’homme. Afrânio Garcia restera très attaché à cette revue où il publiera par la suite des articles sur les intellectuels brésiliens et la conscience nationale (1993), sur l’économiste Celso Furtado (1998), sur l’essai Le Brésil, terre d’avenir de Stefan Zweig (2011). Il se souciera de l’évolution de la revue qui avait réussi à constituer un « réseau international » qu’il jugeait très précieux et sans équivalent. Il noue aussi dans les années 1980 des relations fortes et durables avec plusieurs membres du CSE, comme Jean-Claude Combesssie, Jean-Pierre Faguer, Francine Muel-Dreyfus, Michel Pialoux, Louis Pinto, Monique de Saint Martin ou Abdelmalek Sayad. Il contribuera beaucoup à ce que la plupart d’entre eux viennent au Brésil présenter leurs travaux et parfois mener des recherches en collaboration avec des collègues brésiliens.Installé en France au milieu des années 1990, il est élu à l’EHESS. Il poursuit des recherches sur le champ du pouvoir brésilien, sur les stratégies internationales des élites brésiliennes, notamment à travers les mobilités étudiantes, et sur les rapports de genre, de classe et de race au Brésil. Ces travaux donnent lieu, entres autres, à deux ouvrages codirigés : Estratégias educativas de elites brasileiras na era da globalização (2013); et Relações de gênero, raça, classe e identidade social no Brasil e na França (2013). En français, il publie des articles sur les intellectuels brésiliens et la conscience nationale (1993), sur l’économiste Celso Furtado (1998), sur la trajectoire de Fernando Henrique Cardoso de la sociologie à la présidence de la République, ou encore sur l’essai Le Brésil, terre d’avenir de Stefan Zweig (2011). Tout en continuant à participer à des activités du CSE, il s’investit, entre 1996 et 2009, dans le Centre de recherches sur le Brésil contemporain (CRBC) qu’il dirige, d’abord avec Ignacy Sachs, puis seul. Il contribue alors aux échanges franco-brésiliens. En 2009, il devient membre à titre principal du CSE (devenu en 2010 le Centre européen de sociologie et de science politique après la fusion avec le CRPS). Il participe à des entreprises collectives comme Le Guide de l’enquête globale en sciences sociales (CNRS Editions, 2015), le Dictionnaire international Bourdieu (CNRS Editions, 2020) ou encore le colloque autour des travaux d’Yves Dezalay (Cultures et conflits, 2021). Il a également codirigé l’ouvrage collectif Bourdieu et les Amériques. Une internationale scientifique : genèse, pratiques et programmes de recherche, issu d’un colloque tenu en 2019, et publié en 2023 aux Editions de l’IDHEAL. Très engagé dans la recherche et les activités scientifiques, Afrânio Garcia a continué, après son départ à la retraite, à s’impliquer dans les relations franco-brésiliennes, animant le Groupe de recherche sur le Brésil contemporain et accueillant des chercheur-es et doctorant-es brésilien-nes au CESSP.  Il est resté très attentif, et ce malgré l’épreuve de la maladie, à l’avenir de cette entité, encourageant les nouvelles générations de membres du CESSP à perpétuer les échanges transatlantiques initiés par la génération précédente. Malgré son état de santé aggravé, il est encore intervenu il y a quelques jours au colloque d’hommage à Ignacy Sachs, qu’il avait organisé.

Nous adressons nos condoléances les plus sincères à sa compagne Marie France Garcia, ses enfants, ses proches et toutes celles et ceux pour qui Afrânio comptait.

Texte publié sur le site du CESSP : https://cessp.cnrs.fr/une-triste-nouvelle/



 

In memoriam

Lise Demailly (1947-2024)

Sociologue à l’Université de Lille, Lise Demailly nous a quitté·es en janvier dernier. L’AFS adresse toutes ses condoléances à ses proches et à ses collègues. Son parcours témoigne de son importance pour la sociologie française et de son attachement à la discipline qu’elle a continûment contribué à animer. Après des études de philosophie, elle a soutenu une thèse de sociologie en 1980 sous la direction de Pierre Bourdieu sur les pratiques d’enseignement (« Pédagogie du français et rapports sociaux : enquête sur l’enseignement du français au collège et à l’école primaire dans une agglomération française ») et une habilitation à diriger des recherches en 1991 coordonnée par Claude Dubar. C’est à Lille qu’elle a exercé son métier de sociologue, d’abord comme maîtresse de conférences à l’IUT de Lille III puis comme professeure des universités à l’IUFM de Lille et à l’Université Lille I. Durant son parcours professionnel, Lise Demailly a multiplié les recherches et les publications d’abord en sociologie de l’éducation et des professions, ensuite sur des problématiques de santé (et notamment sur la santé mentale) et d’institutions. Elle nous laisse une œuvre considérable pour ces champs de recherche.

Lise était aussi une collègue très investie pour le collectif que ce soit dans les collectifs d’enseignement ou de recherches. Elle a notamment dirigé son laboratoire, le CLERSE, de 1992 à 1994 où elle a développé le dialogue entre sociologues et économistes. Elle s’est aussi beaucoup engagée au sein de l’Association Internationale des Sociologues de Langue Française. Mais c’est aussi sur son investissement au sein de l’AFS que nous souhaitons insister. Notre Association lui doit beaucoup. Elle a en effet été membre du Comité exécutif de l’AFS entre 2004 et 2013, Vice-présidente de l’association (2004-2006) et plus particulièrement en charge des Réseaux thématiques puis de la revue Socio-Logos. Partie prenante de tous les Congrès, Lise s’est également investie dans le travail des réseaux thématiques, en particulier ceux sur l’éducation, la santé et les institutions. Nous garderons le souvenir d’une collègue enthousiaste et très mobilisée pour la discipline et la profession.

Le bureau de l’AFS



 

In memoriam

Lucie Tanguy (1937-2024)

C’est avec grande tristesse que nous vous informons du décès de notre collègue Lucie Tanguy. Notre amie et collègue Lucie Tanguy nous a quitté·e·s le 22 février 2024. Elle était directrice de recherche émérite au CNRS, dans le laboratoire GTM-CRESPPA, Paris 8, Paris Nanterre, jusqu’à son départ à la retraite. Fille d’ouvriers agricoles, elle a intégré le CNRS en 1996, après une expérience de recherche en Algérie, en 1961, sous la direction de Pierre Bourdieu et un travail en collaboration avec Viviane Isambert-Jamati au Centre d’Etudes Sociologiques. Très exigeante et avec beaucoup de générosité, elle a formé un important nombre de jeunes chercheurs, soit comme directrice de thèse soit comme coadjuvante informelle. Elle a participé en tant que membre actif du comité de rédaction de Sociétés Contemporaines. Elle a un grand nombre d’ami·e·s qu’elle laisse dans le chagrin, à côté de son fils Stéphane et de ses deux petits-enfants, Maëlan et Alma.

Elle a un grand groupe d’admiratrices et ami·e·s dans d’autres pays, notamment au Brésil, avec lequel Lucie a entretenu un rapport sur le long terme par la coordination, à partir de 2000, de l’accord bilatéral CAPES-COFECUB entre le CNRS-GTM et l’Université de Campinas.

Elle nous laisse un grand nombre d’importantes publications consacrées à l’éducation, au travail et à l’emploi, à l’entreprise, à la sociologie du travail : L’introuvable relation formation emploi (La documentation française, 1986) ; L’enseignement professionnel en France : des ouvriers aux techniciens (PUF, 1991) ; La sociologie du travail en France (La Découverte, 2011), traduit au Brésil en 2017 (Edusp) ; Enseigner l’esprit d’entreprise à l’école : le tournant politique des années 1980-2000 en France (La Dispute, 2016).

À lire notamment l’entretien avec Lucie sur sa trajectoire intellectuelle réalisé par Stéphane Lembré et Gilles Moreau et publié en 2020 dans la revue Images du travail, travail des images : https://journals.openedition.org/itti/514.

Voir également sa liste de publications dans sa page personnelle sur ce site.

Ce texte a été rédigé par les membres du CRESPPA et est lisible sur leur site.













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