RT9

AAC RT9/RT42 Lille 2021: La fin des mobilités élitaires ? 

Si la crise sanitaire mondiale a creusé les inégalités socio-économiques et socio-spatiales dans le cadre national comme au niveau international, elle semble néanmoins avoir affecté les conditions de vie et les pratiques professionnelles observables dans toutes les classes sociales, non pas indifféremment mais suivant des modalités spécifiques à chacune, qu'il s'agit ici de documenter en s’attachant aux « élites ». La multirésidentialité caractérisant les classes supérieures a ainsi pu être une ressource pour traverser la crise dans de bonnes conditions matérielles et limiter l’exposition aux risques de contamination. Toutefois, les limitations réglementaires apportées au régime de mobilité internationale qui constituait un cadre stable de la construction de capital social et d’affirmation d’une distinction culturelle ont affecté les conditions de réalisation du cursus honorum des enfants des classes supérieures. Les déplacements aériens sont par ailleurs remis en cause par les mouvements écologistes qui soulignent leur coût environnemental. Comment et dans quelle mesure ces contraintes affectent-elles actuellement et pourraient-elles affecter durablement les stratégies de reproduction des classes supérieures ? Dans une large mesure, il apparaît que les fractions les plus dotées en capital économique ont eu les moyens financiers de se soustraire aux assignations territoriales et aux périodes de confinement (multi-possession de résidences, possession de jets privés et de yachts, achat de passeports et permis de résidence dans des pays épargnés par la pandémie, entre autres) alors que les moins internationalisées ont pu être entravées dans leurs déplacements et l’accès à leurs lieux de socialisation (clubs, festivals, courses hippiques, autres manifestations mondaines, etc.). Sur le plan scolaire comme dans les espaces de travail et de loisir, la différenciation parmi les fractions des classes supérieures semble s’être approfondie, produisant à la fois des effets de déclassement et d’enrichissement, d’auto-ségrégation et d’exclusion au sein même des groupes élitaires. Au-delà de l’actualité, cet axe vise à rassembler des communications qui se proposent d'examiner les « changements » affectant les mobilités élitaires et ce que ces mobilités font aux territoires qu’elles s'approprient, délaissent ou traversent. Il est peut-être encore trop tôt pour analyser à quel point ces changements de mode de vie affectent en retour des catégories de l’action publique à l’égard des villes et des territoires, telles que « l'attractivité internationale » ou les modes de production de grands événements (Paris 2024), mais le repérage des reformulations d’agendas, des controverses et des mobilisations mettant implicitement en question les cadres transnationaux de la gestion urbaine et les modes de vie cosmopolites peut permettre d'enrichir cette perspective.
Les propositions de communication (3000 signes maximum, espaces compris, hors bibliographie) sont à déposer jusqu'au 15 février 2021 sur le site de l’AFS (voir en bas de cette page). - Nom et prénom du/des auteur.e.s - Adresse(s) électronique(s) - Fonction(s) - Discipline(s) - Institution(s) de rattachement - Le cas échéant, session croisée dans laquelle s’inscrit la proposition   Les propositions sont à déposer sur le site de l’AFS selon les modalités communes à tous les RT, avant la date limite fixée au 15 février 2020. Le bureau du RT 42 serait en outre reconnaissant aux candidat.e.s d’en envoyer une copie immédiatement après à l’adresse du RT : socioelites@framalistes.org Les décisions seront communiquées aux auteur.e.s fin février.
 
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