RT26

AAC RT 26 / RT 42 Lille 2021 : Travailler sur les élites et le changement à partir des co-affiliations

Une des caractéristiques des élites tient à leur multipositionnalité (Boltanski 1973). Les membres de groupes élitaires se démarquent par leur tendance à être présents dans différents cercles et institutions du même champ et/ou de champs distincts. L’œuvre pionnière de C. W. Mills, The Power Elite (1956), a ainsi inspiré de nombreux travaux sur les structures de pouvoir (Domhoff 1967). En analyse de réseaux sociaux, ce type de travaux est fondé sur ce qu’il est convenu d’appeler les réseaux de co-affiliations ou réseaux bipartis. Leur analyse se nourrit de la contribution fondatrice de Ronald Breiger (1974), qui a traduit de manière algébrique la notion d’entrecroisement de cercles sociaux de G. Simmel. Ces travaux ont surtout concerné les élites économiques, plus rarement les élites bureaucratiques et politiques (De Graaf, Apeldoorn 2015). Les études sur les structures de pouvoir permettent d’éclairer différents phénomènes, tels que les revolving doors (les allers-retours entre privé et public), la cohésion des classes dominantes, l’action politique des élites économiques (Mizruchi 1992), voire les illégalismes (Barnes 2020). Mais cette approche fondée sur les réseaux bipartis peut s’appliquer à bien d’autres domaines que ceux des élites économiques et politico-bureaucratiques, comme les engagements militants, les collaborations scientifiques, etc. Nous souhaitons rassembler dans cette session des travaux qui reposent sur l’approche des réseaux bipartis pour étudier des groupes élitaires. Différentes questions pourraient être abordées :
  • Quelles sont les co-affiliations significatives à retenir pour éclairer tel ou tel groupe élitaire ? Quelles sont les arènes pertinentes pour comprendre la circulation des élites ? Comment comparer et croiser ces arènes en prenant en compte l’hétérogénéité de leurs statuts, fonctions, pouvoirs, etc. ? Comment les circulations évoluent-elles dans le temps ? Y a-t-il des trajectoires différentes selon les pays pour atteindre telle ou telle position de pouvoir ? Que signifient ces parcours en termes d’accumulation ou de conversion de capitaux ?
  • Comment rendre compte des changements structurels à partir d’analyses longitudinales ? Comment expliquer certains constats empiriques largement partagés comme la baisse tendancielle de la densité des directions imbriquées d’entreprises ? Comment rendre les bornages temporels et les intervalles de temps entre structures observées adéquats à l’objet étudié ? Comment construire des jeux de données probants, qui tiennent compte des entrées-sorties d’institutions englobantes de référence (consortiums, indices, ligues, palmarès, etc.) ?
  • Comment la féminisation des organes de gouvernance réinterroge-t-elle nos connaissances sur les élites dirigeantes ? Dès lors que des quotas sont imposés dans ces instances, les liens de co-affiliation perdent-ils de leur signification comme indicateurs de statut ? Cette féminisation a-t-elle un impact sur les échelles de statut ? Les trajectoires des femmes en matière de passage par différents cercles ou instances se différencient-elles de celles des hommes pour atteindre les postes de direction ?
  • Barnes R., Lukes D. (2020) Board Diversity, Regulatory Violations and Interlocking Directorates: A Brokerage Approach, INSNA Conference, 2020.
  • Boltanski L. (1973) L'espace positionnel : multiplicité des positions institutionnelles et habitus de classe, Revue française de sociologie, 14 (1), pp. 3-26.
  • Breiger R.L. (1974) The duality of persons and groups. Social Forces, 53 (1), pp. 181-190.
  • De Graaf, Apeldoorn (2015) American Grand Strategy and Corporate Elite Networks, Routledge Studies in US Foreign Policy.
  • Domhoff W. (1967) Who rules America?, Prentice-Hall.
  • Mills C. W. (1956) The Power Elite, Oxford University Press.
  • Mizruchi M. S (1992) The structure of corporate political action: Interfirm relations and their consequences. Harvard University Press.
Les propositions de communication, d’une taille maximale de 2 500 signes (espaces compris), devront mentionner les informations suivantes : - Nom et prénom du/des auteur.e.s - Adresse(s) électronique(s) - Fonction(s) - Discipline(s) - Institution(s) de rattachement - Le cas échéant, session croisée dans laquelle s’inscrit la proposition   Les propositions de communication sont à déposer avant le 30 janvier 2021 sur le site de l’AFS (voir en bas de cette page) Le bureau du RT 42 serait en outre reconnaissant aux candidat.e.s d’en envoyer une copie immédiatement après à l’adresse du RT : socioelites@framalistes.org Les décisions seront communiquées aux auteur.e.s fin février.
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