RT33

Appel à communications du RT 33 Famille, vie privée, vie publique

 
NOUVEAU DÉLAI : les propositions sont désormais attendues jusqu’au 1 mars 2019.
 
L’individualisation de la famille contemporaine pose la question de la définition de la famille et du couple ; de la parentalité ; de la parenté et de la filiation ; des liens fraternels et sororaux ; de la grand parentalité. Dans ce contexte, les échanges affectifs, économiques, de biens et de services peuvent être examinés aussi bien en référence à des idéaux d’individualisation qu’à des normes de définition du groupe familial : de quoi parle-t-on quand on parle de parent, conjoint, enfant...? Quelles autres catégories rendent compte de la parentalité ? De la parenté et de la filiation ? Comment les saisit-on dans les travaux de recherche ? Comment l’expérience de parents, de père, de mère, de beau-parent, etc. est nommée par les individus ? Comment le/la chercheur.e s’en empare-t-il ? Avec quels termes et comment sont-ils érigés en catégories et avec quelles limites? Comment la manière de nommer peut faire norme ? Pour les individus ? Pour les institutions ? Ces interrogations seront appréhendées à partir de différentes configurations familiales, celle des recompositions familiales et de la résidence alternée, de parents "solos" qui interrogent les places et les relations en croisant les phases de disponibilités parentales. Les catégories qui peuvent être mises au jour en lien avec les nouvelles techniques de procréation et de parenté - la PMA, la GPA - doivent être également interrogées : comment dire le projet d’enfant ? Avec quels enjeux ? Ces configurations ne doivent pas faire oublier des modèles de famille plus classiques et les normes véhiculées et mises en discussion par les dimensions relationnelles familiales contemporaines. Les familles transnationales sont également des observatoires de la mise en tension entre rôle et place de l’individu dans des contextes donnés qui amènent à mettre en œuvre différentes catégories de chercheur.e.s, mais aussi parfois pour l’individu qui vit à la croisée de modèles différents. La parentalité dans les discours de celles et ceux qui choisissent de ne pas devenir parents est également instructive et notamment les représentations qu'ils et elles se font de la sur-sollicitation, des contraintes, du rapport à soi... Si ce discours est plutôt présent chez les femmes, il montre bien le poids des normes. Ces différents questionnements seront explorés lors du congrès au sein des cinq axes proposés.
 
Axe 1 : Les catégorisations par les individus de leurs places et situations familiales
 
Face aux nouvelles manières de faire couple et de faire famille, les questions se posent aux individus de savoir comment se qualifier soi-même, qualifier sa situation familiale mais également celles des autres. Les individus utilisent différents termes pour décrire leurs situations familiales et conjugales, il s’agit de les mettre au jour pour comprendre à la fois les changements de la famille contemporaine et ses enjeux. Les individus rencontrés utilisent-ils les termes institutionnalisés (par le droit, par les classes dominantes) ou sont-ils dans une redéfinition des termes, voire une proposition de termes ? Ou encore comment naviguent-ils entre les différents termes pour se qualifier ? Quelles sont les pratiques, les valeurs et les représentations mobilisées qui vont leur permettre de s’identifier ? Comment les individus vivent-ils leurs atypismes, comment sont-ils qualifiés par les autres (l’entourage notamment, mais pas uniquement) ? On s’intéressera particulièrement aux familles atypiques, à distance, binationales, homoparentales, recomposées et à la manière dont les individus peuvent se penser dans les catégories de « parents », de « conjoint » et se représenter leurs manières de « faire famille ». On portera également un intérêt particulier aux différentes manières de faire couple et se mettre en couple : polyamour, relation libre, couple non-exclusif, relation à distance ne sont que quelques exemples de façons de questionner les normes conjugales. Comment les individus s’autodéfinissent comme couple, pensent la catégorie de couple et ce à quoi elle renvoie ?
 
Axe 2 : Les « bonnes pratiques » : subir les catégories ?
 
« Être un bon parent », « être un bon conjoint », « être un bon enfant » autant de manières de nommer qui définissent la « bonne distance »... Ce deuxième axe abordera les manières de construire de la conformité et leurs enjeux. Sera discutée notamment la manière dont les catégories peuvent produire ou reproduire des hiérarchies entre les différentes formes conjugales ou familiales, les différents statuts. Comment s’imposent les catégories aux individus ? D’où sont-elles énoncées : entourage, associations, institutions...? Quels sont les enjeux de se conformer aux catégories dominantes/ institutionnalisées ? Dans quelle mesure sont-elles négociées par les individus ? Les individus peuvent-ils entreprendre un jeu avec ce qu’ils interprètent comme légitime, ou attendu ? Comment se joue l’équilibre précaire entre les attentes d’autrui, des institutions, et ce que l’individu souhaite être. Cet axe s’intéressera plus particulièrement aux tensions entre la conformité aux catégories, l’imposition des « bonnes pratiques », des « bonnes manière de faire » et la discussion voire le rejet de ces catégories pour en créer de nouvelles.
 
Axe 3 (COMMUN AVEC LE RT48) : La pluralité des normes de parentalité légitimes à l’épreuve des difficultés de conciliation des engagements sociaux (familiaux, professionnels et civiques)
 
Si la sphère professionnelle – et les cultures professionnelles propres à certains groupes – ont jusque-là principalement nourri les travaux relatifs à l’articulation des temps sociaux, la sphère familiale et la parentalité constituent également un domaine particulièrement structurant du rapport à la conciliation chez les individus. Notamment, il est attendu qu’ils s’y investissent avec vigueur et selon une orientation bien spécifique. Or, bien souvent, la conciliation suppose l’usage de modes de garde. Ces modes de garde peuvent valoriser des conceptions variées de la conciliation, assises sur des normes de parentalité spécifiques. On sait notamment qu’à travers leur travail de prise en charge des enfants, les professionnel.le.s de la petite enfance portent des normes professionnelles de traitement des enfants et cherchent parfois à agir surla manière dont les parents élèvent leurs enfants. Autrement dit, à travers les modes de garde, les parents sont directement mis en relation avec des normes de parentalité, dont celles définissant la « bonne parentalité », prescrites par les professionnel.le.s de la petite enfance en position de pouvoir dans ce champ. Or, des travaux récents ont montré que la disponibilité parentale – et tout particulièrement maternelle – constitue l’une des normes contemporaines de la « bonne parentalité ». Elle s’inscrit dans un corpus, largement psychologisé, de pratiques construites comme légitimes sur le développement des relations parents-enfants. Comment se décline ce corpus de normes ? Comment ces normes de parentalité et d’engagement professionnel s’imposent-elles selon les milieux sociaux ? Quelles sont les réceptions par les individus de ces normes ? Comment sont-elles perçues ? Quel rôle jouent les médiations professionnelles à ce sujet (collectif de travail, syndicat, etc.) ? Des travaux récents révèlent la présence de principes éducatifs et des modes de justification de ces principes différents d’un groupe professionnel à un autre (telles que : la norme de la « sécurité affective », ou la norme éducative d’un éducatif non scolaire portée par les éducat.eur/rice.s de jeunes enfants). Les travaux attendus sont donc ceux qui s’intéressent aux conséquences des injonctions contradictoires de normes sur les contraintes issues du cumul d’engagement familial et professionnel.
 
Axe 4 : Faire couple et famille dans le droit et les institutions
 
Le droit et les institutions produisent des catégories de couple et de famille. Nous nous interrogerons sur la façon dont le droit inclus et exclus certaines personnes, certaines manières de faire couple et faire famille. Autrement dit, en quoi le droit et les institutions contribuent à rendre légitimes certaines catégories et à en exclure d’autres : couples binationaux, parents et enfants issus de la GPA et de la PMA... Comment le droit fait face à ces nouvelles catégories ? Et en quoi le droit structure les liens de filiations ? Les droits de successions ? Par ailleurs, quelles sont les stratégies des familles pour se conformer aux catégories énoncées par le droit et les institutions? Comment ces familles contournent-elles ou rejettent ces impositions ? Une attention particulière peut aussi être portée à l’adoption. De même, les lois coutumières dessinent des modèles de famille différents qui ne sont pas complètement en accord avec certains aspects du droit. Que ce soit dans un contexte français ou international, on s’interrogera sur la manière dont les individus articulent des modes de faire et d’être différents. Il s’agit d’interroger des catégories du droit qui peuvent laisser penser à une « bonne définition » de la famille et du couple au prisme de modèles de couple et de famille diversifiés.
 
Axe 5 : Le chercheur et ses catégories : construction et déconstruction
 
L’axe 5 laissera la place à la réflexivité méthodologique en mettant en discussion les manières de construire, de déconstruire les catégories dans des perspectives inductives ou déductives. L’enjeu sera de comprendre quels termes sont utilisés par les enquêtés et comment le/la chercheur.e les critiquent, se les réapproprient et/ou en créent de nouveaux ; il s’agira également de comprendre l’utilisation que fait le chercheur de catégories « sociologiques » et de voir comment il en discute les limites et met au jour des éléments de contexte historique, social et également théorique. Si les catégories servent à classer, comment les chercheur.e.s classent-ils leurs enquêté.e.s ? Quels sont les enjeux pour les chercheur.e.s de classer ? Que classer et comment classer ? Et bien sûr que signifie classer, qui relève à la fois du nommer et de la mise en œuvre d’un certain ordre dans le social et le sociologique. On s’intéressera à la croisée des méthodologies et aux méthodes innovantes pour saisir la manière dont les chercheur.e.s interviennent sur leur terrain et ouvrent des pistes de réflexion concernant les catégories utilisées par la recherche.
 
Les propositions de communications sont à déposer sur le site de l’AFS entre le 15 janvier et le 15 février 2019
 
Le dépôt d’une proposition de communication est uniquement possible sur le site de l’AFS. Aucun envoi par mail ne doit être effectué.
 
Dépôt d’une proposition :
  1. s’inscrire sur le site de l’AFS ;
  2. se rendre sur la page du RT 33 (https://afs-socio.fr/appel-a-communication/130/appel-a-communications-du-rt-33-famille-vie-privee-vie-publique/) ;
  3. remplir le formulaire à la fin de l'appel à communication.
 
La proposition (3500 caractères espaces compris) doit préciser :
  1. le titre ;
  2. le ou les auteurs ; le résumé de la communication (300 mots) ;
  3. la proposition (elle doit présenter la problématique traitée, la méthodologie et les données mobilisées et les principales questions, voire les principaux résultats, qui seront présentés lors du congrès) ; la proposition doit également comprendre des références bibliographiques.
 
Elsa Ramos et Svetlana Russkikh pour le RT 33
 
Membres du bureau : Benoît Céroux, Gilda Charrier, Louise Déjeans, Christophe Giraud, Evangelina Olid González, Laura Nattiez, Gaëlle Meslay, Marine Quennehen, Emmanuelle Santelli, Justine Vincent












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