RT2

Migrations, altérité et internationalisation

Informations générales

L’AAC pour le prochain congrès de l’AFS (2019) à Aix-en-Provence est consultable dans l’onglet « appel à communication », sur la page du RT.

Pour toute demande d’information ou proposition d’informations à diffuser, contactez-nous : rt2.afs@gmail.com

 

Axe 1. Migrations et frontières disciplinaires en sociologie et anthropologie

Cet axe propose de situer l’analyse des phénomènes migratoires au cœur d’une pensée critique des sciences sociales. En particulier, nous souhaitons interroger les frontières disciplinaires entre sociologie et anthropologie, fruit d’un savoir hégémonique et hiérarchisant, afin de favoriser une approche des migrations ouverte aux comparaisons et attentive à l’intersectionnalité. Nous proposons d’approfondir deux questions principales. La première question interroge la manière dont la segmentation entre sociologie et anthropologie a marqué l’histoire des études des migrations internationales. En effet, d’une part, elle a conforté une vision sédentaire des sociétés et des cultures et, d’autre part, elle a déterminé un manque d’attention aux formes de coexistence, superposition et enchevêtrements des différentes formes de migration. La déconstruction de cette compartimentation disciplinaire, qui a contribué à produire une sorte de hiérarchisation des formes migratoires, offre un cadre épistémologique pour dépasser une vision universaliste-occidentale des sciences sociales et une fragmentation de la connaissance articulée autour d’une vision étatique des savoirs académiques. La deuxième question interroge la manière dont les altérités migrantes ont été / sont façonnées par des discours et des savoirs hégémoniques dont il convient d’analyser les logiques et les modes production, ainsi que les effets sur la façon de penser aujourd’hui les migrations internationales et les migrant.e.s. Ce travail permet de déconstruire les oppositions binaires entre « civilisés / non civilisés », « nous / eux », etc. qui continuent de constituer la base référentielle d’une perspective interprétative linéaire et évolutionniste des sociétés et des cultures.

 

Axe 2. Familles, transmissions et expériences

La sociologie des immigrations s’est jusqu’ici peu intéressée à l’étude des transmissions familiales. Cette question est pourtant un point d’observation privilégié des dynamiques de reproduction et de changement social. Elle se pose de façon spécifique dans le cas de familles dont certains membres ont migré pour s’installer dans un autre pays. Venus d’ailleurs, d’autres cultures, souvent avec une autre religion, ils sont seuls à essayer d’en transmettre quelque chose à leurs enfants. La transmission est alors rendue plus difficile et dépend essentiellement de la qualité de la communication intergénérationnelle. Les transmissions sont loin de se réduire aux transmissions de capitaux dont parlent P. Bourdieu et J-C. Passeron. L’expérience de la migration s’accompagne souvent de la construction d’autres ressources, appelées subjectives par C. Delcroix, qui peuvent être transmises aux enfants : valeurs morales, ténacité, conscience des inégalités, etc. En parallèle, lorsque d’autres formes familiales émergent ou lorsqu’il y a des ruptures dans les relations intergénérationnelles, la question de la transmission peut se poser différemment et faire l’objet de réinterprétations. C’est à ce titre que l’on peut également poser la question de la difficulté de transmettre ou de la non-transmission. Les travaux présentés analyseront ainsi les mécanismes des transmissions familiales en migration pour en souligner la variété et la richesse, et interroger leur éventuelle spécificité. Les méthodes adaptées à leur saisie, tels que les récits de vie et les historiques de famille, permettent un regard sur au moins deux générations de ces processus complexes. Les trajectoires individuelles sont par ailleurs étudiées en lien avec les contextes (politiques, culturels, économiques, nationaux et transnationaux) au sein desquels elles se construisent. Les transmissions intergénérationnelles sont vues comme un projet des aînés à destination de leurs descendants, ceux-ci pouvant alors se les approprier, les refuser, dans tous les cas les reconstruire.

 

Axe 3. Travail, inégalités, discriminations et résistances

Cet axe s’inscrit dans la réflexion portant sur « Migrations, Altérité et Internalisation » du RT2, à l’aune de la question spécifique du travail entendu dans son sens le plus générique possible. Si la sociologie des migrations s’intéresse depuis fort longtemps aux liens existants entre « migration » et « travail », ce n’est étrangement pas le cas pour la sociologie du travail. L’association réflexive de ces deux entrées permet pourtant de penser, définir et redéfinir, les concepts de travail, d’emploi, d’activité, de qualification et de compétence, au regard de la complexification et de l’essor actuel des migrations. Complexification et essor qui apparaissent indissociables de l’apparition de marchés pluriels globalisés propices à de nouveaux clivages sociaux (sexiste, raciste, classiste, etc.), ou à leur réitération. A la fois lieux d’exercice de dominations et de résistances et espaces d’oppressions et d’opportunités pour les travailleurs.euses. migrant.e.s., les emplois et les niches qui leurs sont imposés, comme celles qui ne leurs sont a priori pas réservés, témoignent d’une assignation différentielle et donc inégalitaire. Dans ce cadre, il apparaît intéressant d’interroger la construction sociale et politique des classifications institutionnelles et professionnelles qui renouvellent (ou reproduisent) les segmentations et les hiérarchies selon le genre, la « race » / l’ethnicité, et la classe, mais également la nationalité, l’âge, ou encore la position générationnelle. Enfin, analyser ensemble « migration » et « travail », à travers les parcours biographiques des femmes et des hommes, permet de mettre en lumière l’expérience des formes de discriminations, de racismes, de dominations et de lutte contre les injustices.

 

Co-responsables

Catherine DELCROIX, Professeure de sociologie, Université de Strasbourg, DynamE

Djaouidah SEHILI, Maîtresse de conférences en sociologie, Université Lumière Lyon 2, Centre Max Weber

 

Membres du bureau 

Sylvain Beck, Post-doctorant, Université Paris 4, GEMASS

Sarra CHAIEB, Docteure en sociologie, Université de Strasbourg, DynamE

Catherine DELCROIX, Professeure des universités, Université de Strasbourg, DynamE

Mustapha EL MIRI, Maître de conférences, Université Aix-Marseille, LEST

Grégory GIRAUDO-BAUJEU, Post-doctorant, Triangle, ENS de Lyon

Elsa LAGIER, Docteure en sociologie, chercheure associée à DynamE

Florence LEVY, Docteure en sociologie, Chercheure associée au CECMC – EHESS

Delphine MERCIER, Chargée de recherche au CNRS, LEST

Adelina MIRANDA, Professeure des universités, Université de Poitiers, Migrinter

Zineb RACHEDI, Maîtresse de conférences, GRHAPES, INS HEA

Laurence ROULLEAU-BERGER, Directrice de recherche au CNRS, Triangle, ENS de Lyon

Djaouidah SEHILI, Maîtresse de conférences, Université Lumière Lyon 2, Centre Max Weber

Francesca SIRNA, Chargée de recherche au CNRS, Centre Norbert Elias

Albena TCHOLAKOVA, Maîtresse de conférences, Université de Lorraine, 2L2S

Ingrid TUCCI, Chargée de recherche au CNRS, LEST

Simeng WANG, Chargée de recherche au CNRS, CERMES3

 


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