RT20

Appel du RT Méthodes (RT 20) pour le huitième congrès de l’Association Française de Sociologie

Appel du RT Méthodes (RT 20) pour le huitième congrès de l’Association Française de Sociologie

Aix-en-Provence AMU, 26 – 30 août 2019

 

Le « Réseau Méthodes » s’est constitué en reconnaissant le caractère indissociable des résultats de la recherche sociologique et des démarches organisant cette recherche, des analyses produites et des modalités de leur production, des conclusions substantielles et des protocoles sous-jacents. Autrement dit, les méthodes ne constituent pas un secteur ou un domaine particulier de la discipline, mais une dimension transversale à toute production de recherche sociologique. Par ailleurs, il ne peut y avoir de discours de la méthode déconnecté de la recherche vivante, d’enquêtes à réaliser, de pratiques de la recherche scientifique en actes. Cette posture, qui affirme qu’il n’y a pas de sociologie sans investigation empirique construite, apparaît de plus en plus partagée.

Le « Réseau Méthodes » offre donc un espace et une opportunité pour prolonger, approfondir et renforcer cette orientation en sociologie et dans les disciplines qui lui sont proches. Il soutient le développement d’une expertise et d’une réflexivité sur les méthodes (enquête, collecte, traitement, analyse, mise en forme, présentation…), condition indispensable au développement d’une sociologie crédible.

Notre objectif au congrès d’Aix-en-Provence est, comme précédemment, d’être un lieu d’échanges et de réflexions dans le respect du pluralisme méthodologique et sociologique qui caractérise notre réseau depuis sa fondation. Pour ce congrès, le réseau encourage la soumission de propositions de communication autour de trois axes : « 1. Classer : une étape essentielle du travail sociologique », qui fait écho au thème général du congrès, « 2. Micro-macro. Enjeux méthodologiques des analyses à plusieurs niveaux », dans la perspective d’organiser une session parallèle à celle du congrès de l’Association Française de Science Politique à Sciences Po Bordeaux (ST45 – organisation par Claire Dupuy et Camille Hamidi) et « 3. Questions méthodologiques transversales », qui invite à prolonger les discussions entamées au RT20 lors des précédents congrès.

Le bureau du RT 20 encourage par ailleurs vivement les personnes intéressées à s’enregistrer comme membres du RT 20 sur le site de l’AFS à partir de leur compte ainsi que les personnes désireuses de s’investir dans l’animation du réseau à participer à l’assemblée générale qui aura lieu lors du congrès.

Axe 1. Classer : une étape essentielle du travail sociologique

Le premier axe invite à une analyse réflexive sur les opérations savantes de catégorisation du monde social dans le cadre du thème du congrès « Classer, déclasser, reclasser ». Il ne s’agira pas tant de revenir sur l’analyse sociologique des modalités de classement des individus que d’étudier les pratiques en la matière du sociologue. Les classements sont un outil indispensable du travail sociologique qui permet de simplifier et dehiérarchiser l’information et qui participe à l’intelligibilité des résultats produits.

Mais ces classements ne sont pas uniques et découlent de choix, réalisés en fonction de critères plus ou moins objectivables. Cet axe invite donc à revenir sur les opérations de classification, notamment à travers le choix des critères : découlent-ils de catégories « indigènes », d’analyses statistiques ou de catégories antérieures au travail de terrain ? Quel impact a l’utilisation de logiciels ?Par ailleurs, catégoriser revient-il toujours à créer une typologie ? Le classement ordonne le réel et introduit une rupture dans une situation continue : dès lors, comment conserver une certainefluidité entre les catégories ?

Cet axe pourra également être l’occasion de revenir sur la chronologie de l’enquête au prisme de cette entreprise de catégorisation. Des enjeux de dénomination se cristallisent dès la négociation de l’accès au terrain. La·Le sociologue doit alors mettre des mots sur les catégories ou les cibles identifiées lors de la construction de son objet d’étude, par exemple pour les approcher dans le cas d’entretiens ou d’observations. Comment saisir les catégories sans les imposer et parfois, pour éviter les obstacles, sans les nommer ? Et une fois le matériau récolté, quel statut accorder aux cas qui ne sont pas dans le cœur de la cible mais qui participent à sa compréhension en renseignant sur ses marges ? Enfin, que produisent les classements opérés par la·le sociologue ? Ses enquêté·e·s s’en saisissent-elles·ils ? Comment tenir compte des enjeux normatifs que ces catégories véhiculent lors de la restitution ?

Axe 2. Micro-macro. Enjeux méthodologiques des analyses à plusieurs niveaux

Le deuxième axe invite à la tenue d’une session parallèle à celle organisée par Claire Dupuy et Camille Hamidi au congrès de l’AFSP de juillet 2019 (ST 45), dans la perspective d’une publication commune à l’occasion du numéro anniversaire 150 du BMS - Bulletin de Méthodologie Sociologique.

Les niveaux auxquels mener l’analyse soulèvent des questions classiques dans la construction des recherches de sciences sociales. L’articulation des niveaux, en particulier, a suscité un ensemble de réflexions que cet axe souhaite explorer. Il est clairement établi que l’explanandum (ce qu’une recherche souhaite expliquer), l’explanans (les explications), les unités d’analyse et la collecte de données peuvent être situés à différents niveaux. Pourtant, si la plupart des grandes œuvres théoriques contemporaines cherchent à penser simultanément les niveaux micro et macro, leur mise en œuvre empirique continue de soulever de nombreux défis.

Ainsi, comment travailler le caractère indéfini et évolutif des niveaux d'observation et d'analyse ?  Les niveaux d’analyse pertinents ne sont jamais déjà donnés, d’autant qu’ils peuvent évoluer au cours du temps, àmesure que les configurations d’acteurs évoluent, mais  comment concrètement en vient-on à concentrer la recherche sur un ou des niveaux en particulier ? Et comment circule-t-on d’un niveau à l’autre dans la collecte des données ? Si l’on veut articuler différents niveaux dans l’analyse, comment construire la collecte des données ? Peut-on se contenter d’un seul niveau d’observation ? Si non, cela suppose-t-il différentes méthodes de collecte ou d’observation ? Si oui, cela suppose-t-il de distinguer différents moments dans l’analyse, voire là encore de mettre en œuvre différentes méthodes de traitement des données ?

Par ailleurs, comment identifier tant sur le plan théorique que méthodologique, les mécanismes qui articulent différents niveaux de réalité ? Comment saisir les traces et les effets d’un niveau d’analyse dans un autre ? Où est le macro dans les comportements individuels ? La comparaison internationale ou dans le temps peut être ici une réponse, mais plus précisément, comment la conduire pour tenir véritablement ensemble ces niveaux? Et plus généralement, comment articule-t-on d’un point de vue méthodologique l’agency au niveau individuel et l’encastrement des individus dans des structures ? Est-ce que la modélisation multiniveau est la seule réponse possible ? Et quels sont les mécanismes par lesquels on construit l’articulation entre les différents échelons ? La relation est-elle réductible au mécanisme de l’influence ? A celui de la circulation ? Comment en donner la preuve ? Cela peut renvoyer également à des questionnements sur les stratégies d’écriture : que donner à voir des différents niveaux et comment mettre en scène leur articulation ?

Axe 3. Questions méthodologiques transversales

Comme lors des précédents congrès, le bureau du RT20 encourage par ailleurs la soumission de propositions de communications sur des questions diverses :

-        l’enquête proprement dite (passation de questionnaire, réalisation d’entretiens, ethnographie, relations avec les personnes objets d’étude, enregistrement vidéo, nouveaux modes de collecte, traçabilité des données…) ;

-        les échelles de l’enquête (statut de la monographie, études de cas, constructions de la comparaison internationale…) ;

-        l'articulation entre plusieurs types de méthodes (en termes de motivations, de pratiques de collecte et d'analyse, d'implications pour la recherche, de comparabilité des données…)

-        l’exploitation de grands corpus et l’administration de la preuve (protocoles d’échantillonnage, usage et nouveaux développements des techniques statistiques, logiciels de traitement d’enquête, analyse de fonds d’archives, analyse secondaire d’entretiens…) ;

-        le développement actuel des bases de données massives (conséquences pour la pratique de l’analyse statistique, aspects déontologiques, qualité des données…) ;

-        la saisie des temporalités sociales (perspectives biographiques, saisie du temps historique, hétérogénéité des temps sociaux…) ;

-        l’interprétation des informations (agrégation, production de typologies, théorisation…), etc.

-        les retours d’expérience sur les formes d’enseignements de l’ensemble de ces aspects, avec présentation de modalités pédagogiques innovantes.

 

Ces entrées sont des suggestions qui ont l’inconvénient d’être abstraites d’opérations de recherche précises. Or c’est bien à partir de telles opérations que nous souhaitons que les réflexions sur les méthodes soient développées, car cela nous semble être la condition pour qu’elles s’articulent à des enjeux de connaissance importants pour le rayonnement de la sociologie. Les communications pourront aussi mettre l’accent sur « l’innovation méthodologique », soit en dégageant les aspects novateurs de la démarche de recherche présentée, soit en tentant de dresser l’état actuel, le bilan et les perspectives d’un domaine en évolution rapide.

Le calendrier est le suivant :

       15 janvier - 15 février 2019 : période de dépôt des propositions de communication sur le site de l’AFS (4 000 signes maximum) incluant, outre le titre et le résumé, vos nom(s), rattachement(s) institutionnel(s) et adresse(s) électronique(s)

       Fin mars 2019 : notification des résultats de la sélection des propositions

       15 mars 2019 – début juin 2019: période d’inscription pour le Congrès, envoi par les communicants des versions définitives des résumés

       30 juin 2019 : date limite pour l’envoi du support de communication au congrès (texte et/ou présentation Powerpoint).

 

Call for Papers of the “Methods Thematic Network” (RT 20)

For the 8th Congress of the French Sociological Association (AFS)

Aix-en-Provence AMU, 26 – 30 August 2019

 

The "Methods Section" (RT 20) of the French Sociological Association (AFS) has developed in acknowledging the inseparable character of sociological research results and the procedures involved in that research, of the analyses produced and the modalities of that production, of the substantive conclusions and subjacent research protocols.

Our objective for the 2019Aix-en-Provence Congress, as during previous congresses, is to establish a milieu of exchange and discussion in full respect of the methodological and sociological pluralism that has been affirmed since the foundation of our section. For this congress, the section welcomes especially contributions related to three axes: “1. Classifying: an essential step of sociological work”, in relation to the main theme of the 2019 Congress; “2. Micro-macro. Methodological issues of combining levels of analysis”, in parallel of a panel held at the AFSP Congress in Sciences Po Bordeaux (ST45 – organization by Claire Dupuy and Camille Hamidi); “3. Transversal methodological questions”, as the pursuit of discussions already started in the RT20 previous sessions.

The “Methods Section” strongly welcomes interested people to register as members on the AFS website and to come the general assembly during the congress to get involved in the scientific life of the section.

Axe 1. Classifying: an essential step of sociological work

The first axe welcomes reflexive analyses on sociological categorizations of the social world, as suggested by the Congress theme “Classifying, declassifying, reclassifying”. We are especially interested in the effective and daily practices of classifications, as a central tool of sociological work (enabling simplification and ranking of data and results).

Since classifications are made by choices, we would like to know more about their criteria: are they related to “indigenous” categories, statistical analyses or literature categories? What is the impact of the use of software for categorizing? Moreover, is classification always tied with the use of typologies? How can we keep a relative fluidity between the categories?

This axe also welcomes contributions on how classification is made at the various steps of investigation. Issues of denomination arise while researchers access fieldwork because they have to choose words about categories or people targeted for investigation. How can we grasp people’s categories without imposing it and, sometimes, without naming it (in order to avoid refusal for instance)? And once we get the data, what do we do with peripheral cases? Finally, what are the effects of sociological classifications? Do the interviewees grasp them? How can we deal with the normative issues these classifications bring in the process of restitution?

Axe 2. Micro-macro. Methodological issues of combining levels of analysis

The second axe will favor a parallel panel with the AFSP Congress of July 2019 (ST45 – Claire Dupuy and Camille Hamidi) in the perspective of a publication for the 150thissue of the BMS – Bulletin of Sociological Methodology.

Issues pertaining to levels of analysis are certainly amongst the most recurrent questions of research design in social sciences. This panel focuses on one of these issues, that of the combination of levels of analysis. It is already well established that the level of the explanandum (what a research aims to account for), the explanans (the explanations), the unit of analysis and data collection can be located at different levels. Issues associated to the combination of levels of analysis are therefore key and yet, they are still somehow underexplored from a methodological, empirical and theoretical perspective. This panel proposes to put them to the fore. Specifically, two lines of inquiry will be explored in the panel.

First, how to deal with the fact that the level of observation and analysis is always undetermined and changing? Relevant levels of analysis are never given, although at times, a fashion trend or a paradigmatic orientation may obscure the necessity of this line of questioning. The question also arises from the fact that the relevant levels of analysis can evolve through time, every time the configurations of actors also evolve. Empirically, how do we decide to focus on one or several specific levels of analysis? And how to navigate from one level to the next, while collecting the data? When one wants to articulate various level of analysis, how to organize the data collection? Should we focus on one level of observation only? If not, does this require multiple methods of collection or observation? Otherwise, should we distinguish between distinct moments during the course of the analysis, or use various methods of data collection as well? 

Second, from a methodological and theoretical perspective, what are the mechanisms articulating the micro and macro levels of analysis? How could we identify and analyze traces and effects of one level of analysis in another? Where is the macrolevel to be observed in individual behaviors? Classically, crossnational comparisons or comparisons in time have provided answers, but specifically how do we implement comparative designs that allow to account for both levels? Another general issue is how to methodologically account for both individuals’ agency and their embedding in social and political structures. Is multilevel modelling the only option? And what are the mechanisms linking different levels of analysis? Is the relationship to be understood only in terms of influence or circulation? Moreover, how to providesufficientevidence of thesemechanisms?

Axe 3. Transversal methodological questions

As in other congresses, the research questions that can be addressed in the RT20 panels are numerous. They can include contributions about:

-        survey research (questionnaire modes, interviews, ethnography, relations with respondents, video recordings, new modes of data collection, data traceability…);

-        levels of investigation (monograph studies, case studies, representative national studies, international comparisons…);

-        use of mixed methods (motivations, data-collection and analysis)

-        analysis of large-scale data sets and the elaboration of scientific argumentation and proof (sampling protocols, new developments and use of statistical techniques, computer programs for data analysis, archive analysis, secondary analysis of interviews...);

-        the current development of very large databases (consequences for the practice of statistical analysis, deontological aspects, data robustness);

-        registering of social temporalities (biographic perspectives, registering historical periods, heterogeneity of social time...);

-        theinterpretation of information and results (aggregation, production of typologies, theorizing...), etc.

-        feedback on teaching experiments about all these questions, with presentation of innovative learning material.

 

Within the sessions organized by the AFS Methods Section, we primarily aim at developing discussions about sociological methodology and the aforementioned topics on the basis of presentations of concrete research activities and investigations. Proposals are also invited that emphasize “methodological innovation”, either by highlighting the innovative features in the research process they present, or by establishing a state-of-the-art review in a rapidly changing methodological domain.

 

Deadlines:

       January 15 – February 15 2019: proposals should be posted on the AFS website. They should have a maximum length of 500 words and include title, abstract, name, academic affiliation and email addresses.

       End of March 2019 : notification of results.

       March 15 – June 2019 : period of inscription, final versions of abstracts

       March 30, 2019 : final program of sessions

       June 30, 2019: communication text or slides should be sent

Pour répondre à cet appel à communication, merci de vous connecter :













Paiement en cours

S'il vous plaît ne pas actualiser la page ou utiliser le bouton retour