RT46

Congrès 2019 - Appel à communications - Session commune RT46, RT25 & RT4 - La professionnalisation des formations et des diplômes de l’enseignement supérieur et ses effets de classement

Congrès AFS 2019

Aix-en-Provence, 27-30 août 2019

Classer, déclasser, reclasser

 

RT46 – Formation, certification, qualification RT25 – Travail, organisation, emploi RT4 – Sociologie de l'éducation et de la formation

APPEL À COMMUNICATIONS

 

La professionnalisation des formations et des diplômes de l’enseignement supérieur et ses effets de classement

 

Présentée comme une norme de plus en plus impérative (notamment depuis la loi LRU), la professionnalisation des formations initiales et continues s’inscrit dans une logique de préparation à l’emploi et, dans un raccourci fréquent, de contribution à « l’employabilité » des sortants de formation, notamment des jeunes diplômés, afin de favoriser leur insertion professionnelle.

 

Cette logique sociale conduit à un classement des formations plus ou moins « professionnalisantes » et des diplômes plus ou moins « performants » sur le marché du travail (via par exemple les enquêtes du Céreq sur les parcours d’insertion des jeunes sortants du système éducatif, qui, si elles ne visent pas un tel classement, peuvent déboucher sur cela). Elle aboutit également à catégoriser les sortants de formation selon qu’ils sont plus ou moins « employables », dans une perspective adéquationniste qui suppose des liens étroits, réguliers et quasiment mécaniques entre formations et emplois. Si cette perspective est régulièrement mise en cause par les nombreux travaux qui ont montré à la fois l’impossibilité d’une telle adéquation, puisque les systèmes éducatifs et productifs sont autonomes comme l’ont souligné Pierre Bourdieu et Luc Boltanski (1975), et le flou que recouvre la notion des « besoins » de l’économie comme des entreprises (Tanguy, 1986 ; Rose, 1998), elle apparaît néanmoins clairement assumée dans les politiques publiques relatives à l’éducation et à la formation. L’emprise croissante des « compétences » et des « professionnels extérieurs » dans la définition des diplômes et la mise en œuvre des formations de l’enseignement supérieur en est un signe parmi d’autres. Ces compétences doivent être identifiées, distinguées selon les diplômes, les spécialités et les niveaux de formation, pour apparaître dans le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ainsi que dans la présentation des diplômes (dans les maquettes de formation et sur le site des universités par exemple). 

 

Si l’inscription des compétences liées à l’emploi et des codes ROME (Répertoire des métiers et des emplois de Pôle Emploi, dont l’usage a été rendu obligatoire par la loi du 17 janvier 2002 instituant le RNCP) provient de décisions institutionnelles non négociées, elle a néanmoins fait l’objet de différentes réappropriations de la part de certains acteurs de l’enseignement supérieur et de discussions parmi les chercheurs. Certains se sont ainsi attachés à montrer l’intérêt de mettre en valeur l’approche par les compétences pour introduire de nouvelles pratiques pédagogiques dans l’enseignement supérieur (Chauvigné et Coulet, 2010), tandis que d’autres ont souligné la dimension démocratique de la professionnalisation à l’ère de la massification de l’enseignement supérieur (Rose, 2014). La quête d’identification de compétences de tout genre est également à l’œuvre au nom de l’insertion professionnelle (recours aux stages, orientation, biographique, etc. ; cf. Biarnès et Rose, 2016). Parmi celles-ci, des discussions ont lieu à propos de la définition et des fonctions des « compétences non académiques », objet d’un numéro spécial de la revue Formation-Emploien 2015. Si l’on en croit ces propositions, catégoriser et classer les formations et les diplômes ainsi que leurs titulaires, supposerait d’abord de classer les savoirs et les compétences. 

 

Les diverses évolutions qui ont eu lieu dans le système éducatif comme dans le système d’emploi conduisent à poser différentes questions qui seront discutées lors de cette session des RT 4, 25 et 46 : Comment se conçoivent, s’opèrent et se concrétisent les classements des formations et des formés (en termes de professionnalisation et d’employabilité), des emplois et des salariés (en termes de compétences et de professionnalisme) ? Quels acteurs et institutions y participent ? Comment ces classements reflètent-ils et/ou modifient-ils les réalités des relations entre formation et emploi ? Quels parallèles et quels écarts peut-on observer ? Peut-on relier ces logiques de classement et de déclassement des formations et des emplois ? 

 

Références

Béduwé C., Mora V., 2017, De la professionnalité des étudiants à leur employabilité, n’y a-t-il qu’un pas ?, Formation emploi, n°138, p. 59-77.

Bourdoncle R., 2000, Autour des mots : professionnalisation, formes et dispositifs, Recherche et formation, n°35, p. 117-132.

Chauvel S., 2016, Course aux diplômes : qui sont les perdants ?, Paris, Textuel.

Biarnès J., Rose J. (dir.), 2016, Les portefeuilles d’expériences et de compétences. Approche pluridisciplinaire, Lille, Presses universitaires du Septentrion.

Bourdieu P. et Boltanski L., 1975, Le titre et le poste : rapports entre le système de production et le système de reproduction, Actes de la recherche en sciences sociales, n° 1-2, p. 95-107.

Chauvigné C., Coulet J.-C., 2010, L’approche par les compétences : un nouveau paradigme pour la pédagogie universitaire ?, Revue française de pédagogie, n° 172, p. 15-28.

Dumartin S., 1997, Formation-emploi : quelle adéquation ?, Économie et Statistique, n° 303, p. 59-80.

Lemistre P., 2015, La professionnalisation des formations initiales : une solution aux mutations du marché de l’emploi pour les jeunes ?,Revue française de pédagogie, n° 192, p. 61-71.

Maillard F., 2012, Former, certifier, insérer. Effets et paradoxes de l’injonction à la professionnalisation des diplômes. Rennes, PUR.

Quenson E., Coursaget S. (dir.), 2012, La professionnalisation de l’enseignement supérieur. De la volonté politique aux formes concrètes, Toulouse, Octarès.

Rose J., 1998, Les jeunes face à l’emploi, Paris, Desclée de Brouwer.

Rose J., 2014, Mission insertion : un défi pour les universités, Rennes, PUR.

Tanguy L. (dir.), 1986, L’introuvable relation formation-emploi, Paris, La Documentation française.

Tiffon G., Moatty F., Glaymann D., Durand J.-P. (Dir.), 2017, Le piège de l’employabilité. Critique d’une notion au regard de ses usages sociaux, Rennes, PUR.

Les propositions de communication devront indiquer les éléments suivants : - Nom et Prénom du (des) auteur(s)- Statut(s) du (des) auteur(s)- Établissement(s) et laboratoire(s) de rattachement 

- Adresse(s) électronique(s)- Titre de la communication- Résumé de la proposition (environ 2500 signes maximum, espaces et bibliographie compris) avec : le thème choisi, la problématique traitée, le type de technique d’enquête et le terrain ou les sources qui caractérisent la recherche et ses principaux résultats.- Références bibliographiques 

Les propositions doivent être déposées au plus tard pour le 17 février 2019 sur la page du RT46 sur le site de l’AFS (http://afs-socio.fr/rt/rt46/).

Les réponses aux propositions seront communiquées à la fin du mois de mars

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